Accueil
  Accueil > Récits de voyage > journal de voyage
   
 

 
Guatemala - Rio Dulce


de Fred, 17-07-2008

Maya Party


Une nouvelle page du tour du monde se tournait avec notre arrivée en Amérique centrale. La tête encore pleine des belles images des Galapagos et des au-revoirs avec nos copains Magali, Thibault et Michel à Quito, nous entrons pour la première fois dans la moiteur du Guatemala.

Coup de foudre immédiat pour Antigua, magnifique petite ville coloniale comme on les aime. Des maisons basses multicolores aux porches élégants et aux patios verdoyants, des rues pavées, quelques monuments anciens. Mais aussi beaucoup de restaurants, commerces, écoles donnant des cours d’espagnol ou de danse. Antigua est remplie d’américains qui y séjournent plus ou moins longtemps, la vie y est plus chère qu’ailleurs au Guatemala (et encore…) mais elle est tellement jolie qu’on a immédiatement envie de s’y poser plus longtemps que prévu.

Pourtant, dès notre deuxième jour, nous prenons un minibus pour nous rendre au marché indigène de Chichicastenango, très réputé. Comme dans d’autres pays, nous serons un peu déçus car l’authenticité a laissé la place à la foire aux touristes. Néanmoins, nous sommes frappés par les couleurs des costumes et de l’artisanat proposé, c’est vraiment un festival de teintes plus vives les unes que les autres et une grande impression de gaieté se dégage de l’ensemble. Nous poursuivons notre route vers le lac Atitlan, que mon vieux copain toubib de Paris m’avait chaudement recommandé il y a 15 ans environ, à l’époque où il fréquentait malgré lui les villages de guérilleros (Jean-Yves, si tu nous lis, un gros bisou). Et de fait, ce lac a vraiment beaucoup d’allure…à condition que le temps soit dégagé. Nous arrivons à Panajachel sous une pluie battante et notre excursion en bateau du lendemain, outre le fait qu’elle sera marquée par une énorme panne de réveil (la première du tour du monde, 8h18 pour être à 8h30 au bateau) se fera dans la grisaille. Les sommets des trois volcans qui bordent le lac disparaissent dans les nuages et la couleur de l’eau est terne. Qu’importe, les villages de San Pedro, Santiago et San Antonio sont hauts en couleurs, toujours grâce aux costumes magnifiquement brodés que portent les autochtones.

De retour à Antigua, nous passons à nouveau quelques heures dans le centre historique et nous inscrivons pour l’une des excursions les plus célèbres de la région : l’ascension du volcan Pacaya. Une montée pas dure en soi, 1h30 dans la forêt, mais qui se corse un peu en arrivant à proximité du volcan puisque l’on doit marcher dans la lave refroidie – très abrasif pour les semelles de chaussures – puis slalomer entre les très lentes coulées visqueuses de lave en fusion et les nombreux touristes qui multiplient les imprudences (du genre : s’approcher au plus près de la lave en fusion pour y faire cuire un chamallow en posant pour la photo, j’en passe et des meilleures…). Même si le volcan ressemble un peu à la station de RER Les Halles un vendredi à 18h, la sensation de marcher au milieu de la lave « toute fraîche » reste incroyable.

Notre arrivée à Florès, dans le nord du Guatemala, marque un changement radical par rapport à Antigua. D’abord le climat se fait beaucoup plus ensoleillé, chaud et humide, et les habitants deviennent brusquement beaucoup moins sympathiques. Située sur une presqu’île s’avançant sur un joli lac, ce gros village devrait respirer la sérénité, ses habitants la joie de vivre… en remerciant le ciel pour la prospérité qu’apporte son statut de principale ville étape pour les touristes venus visiter Tikal. C’est comme si un grand vent d’indifférence et de froideur avait frappé tous les habitants, on dérange quand on demande poliment si on peut réserver une chambre, acheter un ticket de bus ou n’importe quoi d’autre d’ailleurs… Le lendemain, nous quittons ces mines renfrognées pour aller passer une journée et demie sur l’un des sites archéologiques mayas les plus renommés : Tikal. On s’offre même le luxe de passer la nuit sur place dans un lodge, mais le jeu en vaut la chandelle : avec les cris des animaux de la jungle en pleine nuit, les émotions fortes sont garanties. Si les pyramides mayas manquent un peu de charme tellement elles sont dépouillées, leurs dimensions sont vraiment impressionnantes (elles dépassent largement 50 mètres de haut), et la réserve dans laquelle elles se trouvent est un fantastique terrain de jeu pour l’observation des animaux : singes araignées et singes hurleurs, toucans, perroquets, et autres oiseaux exotiques.

Une nouvelle nuit de transit à Florès, dans une pension ouverte depuis 5 mois (les proprios sont plus chaleureux qu’ailleurs car il convient de se faire une bonne réputation…), puis nous repartons vers le sud en direction de Rio Dulce, petit village au bord de la rivière du même nom que nous sommes venus explorer. Rio Dulce restera le théâtre de notre première recherche d’hôtel sous grosse averse tropicale. Nous prenons contact par téléphone avec un premier établissement référencé dans notre guide, qui nous annonce un prix prohibitif.

J’ouvre la parenthèse pour dire que, depuis notre arrivée au Guatemala, nous nous sommes transformés en véritable tiroir caisse. Nous devons souvent multiplier par 2 les budgets annoncés dans notre guide de voyage, pourtant édité en 2007. Est-ce l’effet « haute saison » ? Il est vrai que nous ne sommes pas habitués à voyager en juillet, qui coïncide souvent avec une remise à jour des tarifs hôteliers. Est-ce l’effet « tourisme américain de masse » ? Nos amis d’outre-Atlantique sont souvent peu regardants sur les tarifs annoncés, qui sont toujours meilleur marché que chez eux. Peut-être, mais pour de vieux routards comme nous qui venons d’Amérique du sud, le rapport qualité-prix est ici tout simplement mauvais. En ce début d’été, les Guatémaltèques ont un peu trop tendance à s’abriter derrière la flambée des cours du pétrole pour expliquer la hausse de tous les tarifs…

Bref, tandis que Pierre garde les bagages sous un abri de bus, j’entame – enveloppée dans ma cape de pluie amazonienne – une grande tournée des popotes afin de dénicher la perle rare de Rio Dulce, c’est-à-dire une chambre toute simple mais propre, au juste prix. Elle n’est référencée dans aucun guide, mais je la trouve (posada don rony, pour ceux qui passeraient par là) ! Et en plus la propriétaire est une dame très gentille et souriante, que demande le peuple… Nous lui confions d’ailleurs nos gros sacs à dos, le temps de faire une escapade d’une nuit à Livingston, sur la côte caraïbe.

Livingston est l’un des fiefs des Garifuna, minorité black installée dans la région. Petit village à l’ambiance très cool, on se croirait presque sur une île des Antilles, avec ce parfum créole que l’on retrouve aussi bien dans le look des vieilles doudous coiffées de leurs élégants petits chapeaux que dans la spécialité culinaire locale, le « tapado », soupe de poissons et crustacés au lait de coco et à la coriandre (Pierre y a gouté, évidemment, quelle question !…). Une nouvelle averse tropicale lave le ciel de ses nuages et rafraîchit un peu l’atmosphère, et c’est sous un soleil radieux que nous embarquons le lendemain matin sur une navette qui remonte le Rio Dulce jusqu’au village éponyme. La partie la plus étroite du rio, au début du voyage, est magnifique avec ses rideaux de jungle. Nous pénétrons dans un petit affluent, le rio Tatin, qui est tout sauf une tarte à la crème. Croquignolet, plein de vie avec ses maisons en bois qui le bordent. Des femmes lavent le linge au bord du rio pendant que leurs enfants jouent. Notre passage sera trop court, d’ailleurs c’est toute la remontée du Rio Dulce qui est escamotée : on passe comme des sauvages au milieu des nénuphars et des îles aux oiseaux. Car notre bateau, que nous avons payé au prix « gringo », emmène aussi des locaux qui ne font pas du tourisme, eux, et qui sont pressés d’arriver à destination. Quel dommage que les habitants du coin ne sachent pas exploiter ce potentiel naturel en organisant des balades en bateau lentes, pour éco-touristes avertis qui seraient ravis d’explorer minutieusement les petits cours d’eau alentours !

C’est notre dernière soirée au Guatemala, nous faisons le bilan mi-figue mi-raisin de cette expérience dans notre premier pays d’Amérique centrale. Le Guatemala est un pays offrant de merveilleux sites naturels ou culturels à découvrir, mais dont les couleurs ne compensent pas complètement l’absence de sourire (qui peut aussi être de la timidité, admettons…) de ses habitants. Ces impressions se rapprochent de notre expérience aux Philippines ; cela traduit-il une réalité bel et bien établie ou n’est-ce qu’une question de rencontres ?

En guise de dernier pied de nez, alors que nous roulons vers la frontière hondurienne, l’embrayage (ou un truc comme ça !) de notre bus montre des signes de faiblesses et nous ne tardons pas à nous immobiliser. Les autres passagers s’agitent mais nous ne comprenons pas vraiment ce qui se passe, personne ne nous adresse la parole, même le type de la compagnie de bus semble fuir nos questions. Va-t-on changer de bus ? Va-t-on réparer ? Il ne nous reste plus qu’à attendre, inutile de s’énerver, la solution viendra d’elle-même. Ca au moins nous l’avons appris pendant tous ces mois de voyage, il faut rester ZEN. Et de fait, nous finirons par repartir, par changer encore de bus une ou deux fois mais ce soir, c’est de l’autre côté de la frontière que nous dormirons. L’air est doux à Copàn en ce début de soirée, demain d’autres ruines mayas nous attendent.

Commentaires sur cet article
jean louis..
plus on remonte sur le nord...moins on decouvre de sourires...
le guatemala...c est pas le perou ! dur...dur..
 
Philippe
"La première panne de réveil...", je n'arrive pas à y croire.
 

Ajouter votre commentairee
       
 
Retour aux autres articles du journal Imprimer cette page Envoyer cette page


Dernières actualités
20/09/2008 : Une semaine de travail ordinaire
22/08/2008 : Du Pacifique à l'Atlantique : les tortues
31/07/2008 : Le quetzal
11/07/2008 : Les îles Galapagos, à la découverte du mythe (2ème partie)
04/07/2008 : Les îles Galapagos, à la découverte du mythe (1ère partie)
20/06/2008 : Chroniques de l´Amazonie sauvage (2eme partie)
05/06/2008 : Chroniques de l'Amazonie sauvage (1ère partie)
11/05/2008 : Chapeaux melons et alpaga
26/04/2008 : Entre ciel et désert
30/03/2008 : Péchés mignons à Chiloé
21/03/2008 : Patagonie mon amour
05/03/2008 : De Pâques à Los Condes
23/02/2008 : Grand bleu
12/02/2008 : Bol d'air à Luzon
02/02/2008 : Sea, sun and business



Autres liens :

Tags

Rio Dulce - Antigua - Flores - Maya Party - Guatemala -
Offre d'emploi - Ajouter à vos favoris - Découvrez d'autres voyages - Créer un carnet de voyage
Copyright top-depart.com ©2002-2008 Tous droits réservés