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Equateur - Iles Galapagos


de Pierre et Fred, 04-07-2008

Les îles Galapagos, à la découverte du mythe (1ère partie)


Ce mythe, on en a rêvé, bien avant le départ du voyage. Les Galapagos ; il suffit de prononcer ce mot pour partir, mais cela évoque tant de choses, d’images lointaines de paradis perdu, que ce monde paraît être un ailleurs inaccessible, un autre monde abstrait. Un vrai mythe pour nous en tous cas, que nous allions toucher, pour de vrai.

Dès notre premier jour en Equateur, il n’y avait déjà presque plus que lui. Mais l’excitation se doublait d’une angoisse aigue : à une ou deux semaines de notre départ présumé, nous n’avions rien réservé. Pourtant les préparatifs avaient commencé depuis plus d’un mois. Premiers contacts par mail auprès d’agences pour un état des lieux des programmes proposés (aïe, ça coûte vraiment une fortune, on va attendre un peu et voir tout ça sur place). Phase de documentation tous azimuts sur les animaux à voir, les îles incontournables. Nous arrivons à Quito avec les idées très claires sur notre itinéraire idéal et les écueils à éviter (c’est le cas de le dire), mais peu optimistes après la série de refus que nous venons de recevoir ces derniers jours. On commence notre tournée des agences. Incroyable : la croisière idéale, elle existe bel et bien, elle part dans 4 jours, il reste une dernière cabine sur un bateau à l’excellente réputation pour un circuit inespéré de 8 jours. On fait jouer la concurrence et après avoir assisté au triste France-Italie (0-2, on le rappelle) de ce non moins triste Euro 2008, on conclut l’affaire. Le foot, on s’en tape complètement, on est juste heureux.


Dimanche 22 juin, 1er jour :

9h10 : une heure et demie après le départ de Guayaquil, atterrissage à l’aéroport de Baltra, petite excroissance de Santa Cruz, l’île principale – mais pas la plus grande – de l’archipel. Nous sommes tout de suite pris en charge par Maja, qui sera notre guide pendant toute notre croisière. Bagages immédiatement récupérés, nous partons prendre nos quartiers avec nos 14 autres compagnons sur l’Angelito, qui mouille à peine à 2 ou 3 kilomètres dans une baie tranquille. Le ton est tout de suite donné : un iguane et une otarie nous attendent sur le débarcadère ; poulpe et oiseaux dans le port… et premières explications. Autour du dinghy (petit bateau transportant les passagers entre le yacht et la terre) tournent quelques requins des Galapagos, espèce endémique, d’un 1,50 mètre environ.

10h15 : Installation en cabine : nous découvrons le petit espace qui nous est alloué. C’est la contrepartie : nous sommes sous la salle commune, pas de visibilité donc, et à l’avant, là où ça remue le plus. Bien que très étriqué, l’espace est très rationnellement étudié et absorbe toutes nos affaires sans problème. Petite salle d’eau avec une super douche, banquettes assez larges, on n’est pas mal.

12h00 : premier déjeuner à bord, première rencontre avec les autres passagers. La famille new-yorkaise Ewall, Steven et Lisa avec les enfants Spencer et Gabrielle ; le clan suisse allemand formé de Robert, le grand-père, Anne-lise, sa fille et Ania, la petite-fille, chaperonnés par le cousin Martin. Justin et Kath, jeune couple australien qui nous sont tout de suite très sympathiques. Heinz et Gerlinde, la soixantaine bon teint en provenance de Bavière. Et enfin l’improbable couple germano-australien formé par Jurgen et Yasha.
Dans la foulée, premier briefing de Maja sur ce qu’il faut faire et surtout ce qu’il est interdit de faire sur le bateau, pour que la vie en communauté soit agréable à tous, ainsi que sur les îles, pour que ce paradis – nous allons vérifier ça – reste ce qu’il est.

13h30 : départ pour Seymour Nord, toute petite île un peu au Nord de Santa Cruz. Les grandes frégates planent au dessus du bateau sans aucun effort apparent, sans aucun mouvement. Elles fendent l’air de leurs 2 mètres d’envergure et elles semblent accrochées au dessus de nos têtes, elles pourraient rester là pour l’éternité.

15h10 : accostage, quelques pas sur le débarcadère et premières rencontres : mouettes à queue d’aronde, au bel œil noir cerclé de rouge, et pélicans.
Quelques pas de plus sur l’île et voici les premiers iguanes terrestres qui patrouillent leur territoire à la recherche d’un fruit de cactus tombé là ; lézards de lave au rouge éclatant et leur friandise favorite, les sauterelles, qui volent partout autour de nous.
Et voilà enfin les fous à pattes bleues. Les pattes de ces oiseaux sont entre le bleu ciel et le turquoise, une couleur qu’on croirait artificielle. Stoïques et résignés sous le soleil lourd, les parents couvent leur œuf à même le sol, à quelques pas de nous. Un couple entame de temps à autre leur fameuse parade amoureuse, une série de pas de danse, arborant leurs pattes, sifflant, criant… Premiers sentiments incroyables de pouvoir approcher de si près ces magnifiques oiseaux, sans rien déranger, en se fondant dans l’environnement. Ca n’existe pas ailleurs, nous voilà dans un monde des origines où l’innocence existe encore.
Quelques frégates nichent aussi là. Leur bec est démesuré et inquiétant. Quelques gorges rouges se devinent entre les fourrés, mais patience, nous verrons ça plus tard.
Nous rentrons en longeant l’océan, de rares bandes de sable blanc s’intercalent entre les amoncellements de roches sombres polies par l’eau. Quelques iguanes marins s’y prélassent, totalement immobiles, crachant de temps à autres l’excédent de sel qui obstrue leurs narines.
Un serpent file à notre approche ; nous cédons le passage à quelques lions de mer plus ou moins bien lunés. Il est temps de rentrer.

19h00 : le tintement désormais rituel d’une cloche suisse retentit, à table. S’ensuit un deuxième briefing détaillé sur les règles de comportement à adopter, sur le bateau, ainsi que la présentation du programme du lendemain.

20h25 : un dernier tour de bateau avant de rejoindre notre cabine. Des otaries sont montées sur le pont arrière du yacht et comptent bien y passer la nuit. A la lumière de nos lampes, nous scrutons l’eau : on y voit quelques requins patrouillant autour de nous ; une espèce de serpent corail flottant à la surface ; et partout des bandes de poissons en rang serrés, préparés psychologiquement à passer une nouvelle nuit difficile…


Lundi 23 juin, 2ème jour :

4h00 : l’Angelito se met en route vers l’île de Santiago. Impossible de terminer notre première nuit à bord, trop de bruit.

8h15 : « wet landing » (accostage les pieds dans l’eau) sur l’îlot de « Sombrero chino », où nous sommes accueillis par d’adorables jeunes otaries endormies. Nous quittons la plage, remplacée par une roche rugueuse et noire qui ceinture l’île. Ce milieu âpre de lave sortie de terre il y a des millions d’année nous dit comment l’archipel tout entier a été créé. Les tunnels de lave pétrifiés par leur rencontre avec l’air sont encore visibles aujourd’hui, l’eau ayant fini le travail en figeant le littoral. Des crabes au rouge d’autant plus éclatant se baladent là-dessus. On découvre un peu plus loin l’endroit où les iguanes marins se sont donné rendez-vous. Ils sont disposés en tas, bougeant peu, occupés à se faire chauffer au soleil avant de pouvoir aller brouter leurs algues favorites un peu plus loin, au fond de l’océan. Pas le plus attachant de prime abord, mais très paisible en réalité, c’est lui qui incarne le mieux les fameuses et décisives théories de Darwin sur l’évolution. On est définitivement aux Galapagos.

10h25 : première séance de plongée avec masque et tuba, bon aperçu des principaux poissons de l’archipel. En prime, un requin des récifs à pointe blanche !

14h00 : randonnée sur l’île de Bartolomé, l’une des cartes postales des Galapagos. Peu de vie animale et végétale sur cette île volcanique et surchauffée, en comparaison avec ses voisines, mais paysages somptueux.

16h20 : deuxième séance de snorkelling pendant laquelle nous avons l’immense joie de plonger avec un pingouin qui se régale de petits poissons rouges. Murène, serpent de mer entre autres. Puis nous remontons à bord du dinghy pour aller observer les manchots sur les falaises alentours, au coucher du soleil.

20h50 : après le dîner (toujours fort honorable), briefing avant de lever l’ancre pour une longue nuit de navigation vers notre prochaine étape. Les consignes qui se veulent rassurantes sont plutôt inquiétantes : prendre des cachets anti mal de mer, relever le matelas sur un côté pour éviter d’être projeté hors du lit à cause des vagues, limiter les déplacements, etc.

22h30 : départ du bateau, les secousses ne tardent pas. Extinction des feux immédiate.

23h30 : impossible de trouver le sommeil, ca secoue beaucoup à l’avant du bateau mais au moins on n’est pas malade pour l’instant…


Mardi 24 juin, 3ème jour :

8h00 : nous avons jeté l’ancre dans Darwin Bay, sur l’île de Genovesa. Vu le manque de sommeil (on s’en est quand même pas mal tiré), nous sommes un peu cotonneux pour aller faire notre promenade parmi les fous. L’île est en effet un paradis pour l’observation des deux autres espèces de fous des Galapagos : les fous masqués et les fous à pattes rouges (ces derniers n’étant pas visibles ailleurs). Nous approchons de très près les mouettes des laves et les mouettes à queue d’aronde, les hérons, les tourterelles des Galapagos, et toujours nos amies les otaries.
Nous pourrions toucher les frégates, dont les mâles arborent leur somptueux apparat de parade amoureuse. Leur gorge est gonflée d’un ballon rouge, éclatant, d’une telle ampleur qu’il les empêche de voler ou de se déplacer. Les longues plumes aux reflets verts retombant sur leur cou complètent ce portrait exceptionnel.

11h10 : séance de snorkelling avec l’espoir infime de voir un requin marteau, mais non. Pourtant, à certaines périodes de l’année ils nagent dans la baie. Nous nous contentons des nombreux poissons tropicaux de l’archipel (chirurgiens à queue jaune, poissons perroquet verts, poisson-ange royal, nombreux poissons-papillon, girelles arc-en-ciel, poissons-demoiselle, etc.).

16h00 : randonnée sur l’île, en empruntant les « Prince Philip steps ». Nous évoluons au cœur de la forêt de « palo santo », l’arbre dont on tire de l’encens, avec là encore de nombreux fous autour de nous. Puis nous arrivons sur un terrain pelé, au sommet d’une falaise, où nous espérons débusquer un hibou chassant les pétrels des tempêtes qui volent en tous sens. Mission accomplie bien que la distance soit un peu trop grande pour bien profiter de son énigmatique regard doré. Retour sur le bateau, en compagnie de pailles-en-queue aussi élégants qu’insaisissables. Les pétrels des tempêtes semblent danser sur l’eau.

23h00 : Encore une longue nuit de navigation, mais les courants et le vent sont favorables dans ce sens : pas de nausée, on dort un peu malgré le bruit des vagues sur la coque et le roulis…


Mercredi 25 juin, 4ème jour :

7h35 : première excursion de la journée à Puerto Egas, sur la côte occidentale de l’île de Santiago, sous un crachin normand ! Nombreux iguanes marins, crabes rouges et otaries.

9h55 : nous levons l’ancre pour naviguer vers l’île de Rabida. Déjeuner à bord avant de débarquer sur l’étonnante plage de sable rouge.

14h20 : peu d’animaux sur la plage, hormis les pélicans bruns dans leurs nids et une otarie qui se prélasse au soleil. Séance de snorkelling avec les habituels poissons multicolores, requins à pointe blanche et une otarie qui nous rend une visite furtive.

16h00 : nous repartons vers l’île de Santa Cruz et passerons une magnifique nuit à bord, dans le port de Puerto Ayora. Ca tombe bien, il y a du sommeil à rattraper !


A suivre…

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